Connaître le parcours avant de vouloir le dompter
Un contre-la-montre commence bien avant le coup de sifflet du départ. Il commence lors des reconnaissances, lorsque l’on apprend progressivement à lire la route et à anticiper ce qui arrivera quelques centaines de mètres plus loin. Un virage que l’on peut passer sans toucher aux freins, une petite bosse où il vaut mieux éviter de se mettre dans le rouge, une relance à préparer, un changement de revêtement ou simplement ce fameux trou que l’on connaît parce qu’on est déjà passé dix fois dessus : à vitesse élevée, tous ces petits détails finissent par compter.
L’objectif est presque de connaître le parcours par cœur. Le jour de la course, il ne devrait plus y avoir de surprise : on sait où remettre du braquet, où récupérer quelques secondes, où rester aérodynamique et où il faudra au contraire se relever et relancer. Cette connaissance permet surtout de consacrer toute son attention à l’essentiel : produire le meilleur effort possible du premier au dernier kilomètre.
En solo, le plus grand adversaire reste souvent soi-même
Les premières minutes d’un contre-la-montre sont trompeuses. Les jambes sont fraîches, l’adrénaline est là et le compteur affiche facilement quelques kilomètres/heure de plus que prévu. La tentation est grande d’en profiter. Pourtant, un chrono se perd beaucoup plus facilement en partant trop vite qu’il ne se gagne dans les premiers kilomètres.
La préparation doit donc permettre de trouver cette frontière entre rouler très fort et rouler trop fort. Les semaines précédant l’épreuve sont idéales pour reproduire des efforts proches de la durée de course, tester son rythme et travailler sa position. Sur un parcours rapide, l’aérodynamisme devient primordial, mais inutile d’adopter une position extrêmement agressive si l’on est incapable de la conserver. La meilleure position est celle qui permet d’être à la fois puissant, aérodynamique et suffisamment confortable pour rester efficace jusqu’à l’arrivée.


À quatre, les jambes ne suffisent plus : il faut une tactique
Le contre-la-montre par équipe change complètement la donne. Quatre excellents cyclistes peuvent perdre énormément de temps s’ils roulent mal ensemble, tandis qu’une équipe parfaitement organisée peut aller chercher une performance largement supérieure à la somme de ses individualités. Les relais doivent être fluides, les accélérations inutiles bannies et chacun doit connaître précisément son rôle. Celui qui arrive en tête n’est pas là pour montrer qu’il est le plus fort, mais pour maintenir l’équipe à la vitesse la plus élevée possible.
Et puis il y a les choix tactiques. On va à quatre jusqu’au bout ? On demande davantage de relais au meilleur rouleur ? On protège un équipier dans certaines portions ? Ou, au contraire, on « droppe » volontairement un coureur après son dernier gros relais, juste avant une difficulté où il risquerait ensuite de ralentir les trois autres ? Voilà exactement le genre de scénario qui mérite d’être testé lors des reconnaissances. Une équipe doit connaître ses forces, ses faiblesses et surtout savoir à l’avance ce qu’elle fera lorsque la course commencera vraiment à faire mal.
Les secondes se cachent aussi dans les détails
Une fois la condition physique acquise, les secondes deviennent parfois plus difficiles à trouver. Elles sont dans un relais parfaitement exécuté, une trajectoire mieux choisie, une pression de pneus adaptée, une transmission parfaitement réglée ou une position aérodynamique que l’on arrive à conserver quelques minutes de plus. Le jour J n’est plus le moment d’expérimenter : tout doit avoir été testé auparavant.
Cela vaut pour le vélo, les roues, les prolongateurs, le casque, les braquets, mais également pour l’alimentation et l’échauffement. À quelques semaines d’un objectif, il est beaucoup plus intéressant de répéter les conditions de course que de bouleverser complètement ses habitudes. Et pour une équipe, une sortie d’entraînement effectuée ensemble sur le parcours aura souvent davantage de valeur qu’une séance supplémentaire réalisée chacun de son côté. Le contre-la-montre récompense la puissance, bien sûr, mais aussi la précision, la régularité et la préparation.
Et si votre prochain objectif était le CLM de la Corniche ?

Il reste justement quelques semaines pour mettre tout cela en pratique. Le CLM de la Corniche reviendra au début du mois d’octobre à La Caquerelle, avec des épreuves individuelles et un contre-la-montre par équipes de 3 à 4 coureurs sur le parcours principal de 17,7 km. Cette édition aura une saveur particulière puisque l’épreuve accueillera également le Championnat jurassien de contre-la-montre des U11, U13, U15, U17 et U19. Les handbikes et le paracyclisme auront eux aussi leur place sur la ligne de départ, avec 17,7 km à parcourir.
Et pour ceux qui aiment avoir un chiffre en tête pendant leurs entraînements, il y a un sacré temps de référence : 24 min 28 s pour Morgan Vuilleumier, de Courtelary, soit 42,92 km/h de moyenne sur 17,5 km. De quoi donner une idée du niveau… et surtout une bonne raison de commencer les reconnaissances dès maintenant. Alors trouvez vos équipiers, travaillez vos relais, affûtez votre position ou préparez votre effort en solitaire : début octobre, à la Corniche, le chronomètre donnera son verdict.






